Le principal à comprendre
- Michel Hommell : passionné d’automobile et ancien pilote, il fonde en 1968 un empire de presse spécialisée avec le lancement du magazine Échappement.
- groupe de presse : il étend son influence avec des titres comme Auto Hebdo et Gazoline, défendant une ligne éditoriale indépendante et passionnée.
- Lohéac : lieu emblématique où il installe le Manoir de l’Automobile, un musée vivant, et un circuit de Rallycross devenu rendez-vous incontournable.
- automobiles Hommell : dans les années 1990, il passe à la construction avec la Berlinette, une sportive légère et artisanale, produite à près de 300 exemplaires.
- faillite groupe Hommell : malgré son succès, le groupe est liquidé en 2020, victime du déclin du papier et de l’absence de soutien structurel face au numérique.
Une odeur de cambouis et de papier imprime mêlée au ronron d’une rotative. On est en 1968, dans un atelier de province où tout commence. Michel Hommell, jeune passionné d’automobiles et ancien pilote amateur, regarde défiler les premières pages d’un magazine qu’il vient de lancer. Ce n’est pas seulement un titre de presse : c’est le début d’un empire. Un homme, une passion, une usine, des circuits – et une destinée mécanique qui va marquer le paysage automobile français.
Les débuts d’un visionnaire de la presse automobile
De la Coupe R8 au lancement d’Échappement
Avant d’être un magnat de l’imprimerie spécialisée, Michel Hommell a couru. Pas en Formule 1, non – mais en Coupe R8 Gordini, cette catégorie populaire qui a formé des générations de pilotes. Ce goût du volant, il ne le perd jamais. C’est d’ailleurs cette passion-là qui le pousse, en 1968, à lancer Échappement, un magazine conçu par un passionné, pour les passionnés. Pas de jargon technique vide, pas de pub tape-à-l’œil : du concret, des essais francs, des photos prises sur le vif. Le ton est posé. Le succès, immédiat. Pour ceux qui souhaitent explorer davantage l’univers de la mobilité, on peut consulter permisdebouger.com.
L’expansion du groupe de presse Hommell
Le modèle fonctionne. Trop bien. Très vite, Hommell étend son empire. Il lance Auto Hebdo, magazine d’actualité automobile au ton alerte, puis Gazoline, dédié à la culture custom et hot rod. Viennent ensuite des titres de niche : modélisme, mécanique ancienne, rallyes historiques. Chaque magazine a son public, sa ligne éditoriale, sa place sur le kiosque. L’astuce ? Une indépendance farouche. Pas de maison mère, pas de chaîne de télé. Juste des journalistes passionnés, payés pour dire ce qu’ils pensent. Ce choix, liberté de la presse spécialisée, devient une signature. Et c’est ce qui fera la différence.
Le Manoir de l’Automobile : l’héritage de Lohéac
La transformation d’une ferme en temple mécanique
Au cœur de la Bretagne, à Lohéac, ce n’est pas une usine qu’on trouve, mais un rêve en dur. Un ancien corps de ferme breton, patiemment restauré, devient le Manoir de l’Automobile. Ce n’est pas un musée officiel, ni une galerie privée. C’est autre chose : un temple vivant de la passion mécanique. À l’intérieur, des dizaines de voitures rares, des pièces uniques, des objets d’atelier qui racontent un siècle d’innovation. Ici, chaque objet a une histoire, chaque moteur, un passé.
Lohéac, capitale européenne du Rallycross
Mais ce n’est pas qu’un musée. Lohéac, c’est aussi un circuit. Un vrai. Où rugissent chaque année des bolides de Rallycross. L’idée ? Simple : offrir un spectacle brut, sans filtre, accessible à tous. Et ça marche. Des dizaines de milliers de spectateurs affluent chaque été. Les pilotes, souvent amateurs, poussent des voitures modifiées dans un vacarme de pneus et de graviers. Le public, lui, vient autant pour le spectacle que pour l’ambiance. Un rendez-vous devenu incontournable, presque familial. Le fin mot de l’histoire ? C’est que tout tient ensemble : la collection, le circuit, la passion.
L’aventure industrielle : la Berlinette Hommell
La genèse d’une voiture de sport pure et dure
On ne construit pas un empire autour de l’automobile sans vouloir rouler soi-même. Michel Hommell, à la fin des années 1990, décide de passer de l’autre côté. Pas question de faire du luxe clinquant. Il veut une voiture légère, sans assistance, fidèle à l’esprit des années 70. Le projet ? Une Berlinette Hommell, inspirée des sportives françaises d’antan. Le lancement a lieu au Mondial de l’Automobile – non pas comme un simple prototype, mais comme un modèle destiné à la production artisanale.
Le défi technique et l’usine de Lohéac
L’usine est installée sur place, à Lohéac même. Pas de chaîne robotisée, pas de méthodes industrielles lourdes. Du travail à la main, du savoir-faire transmis. Les mécaniciens assemblent chaque véhicule avec soin, sur une base technique robuste : des châssis tubulaires, des suspensions indépendantes, des freins performants. Le cœur ? Des moteurs Peugeot de série, mais préparés pour l’occasion. Rien de magique : de l’ingéniosité, du bon sens, de la passion.
Les différents modèles produits
La gamme évolue. Après la Berlinette Echappement, arrive la RS, puis la RS2 – plus puissante, plus affûtée. On voit aussi une Barquette, ouverte, minimaliste, et un Coupé RS2, plus fermé, plus routier. Chaque modèle se distingue par son caractère, pas par ses gadgets. L’objectif n’est pas de concurrencer Porsche ou Lotus, mais d’offrir une alternative française, honnête, accessible. En tout, près de 300 unités sont produites. Pas des masses, mais assez pour laisser une trace.
Analyse du parc automobile et des modèles produits
Spécificités techniques des modèles Hommell
| Modèle | Moteur | Puissance | Année de lancement |
|---|---|---|---|
| Berlinette Echappement | Peugeot 1.9L 16S | 130 ch | 1998 |
| Berlinette RS | Peugeot 2.0L 16S | 150 ch | 2000 |
| Berlinette RS2 | Peugeot 2.0L 16S préparé | 170 ch | 2003 |
| Barquette | Peugeot 2.0L 16S | 150 ch | 2005 |
Ce tableau révèle une constante : la philosophie Hommell. Léger (moins de 800 kg), bien suspendu, bien freiné. Le rapport poids/puissance est toujours en faveur de la maniabilité. Pas de turbo, pas d’électronique invasive. Juste une voiture qui répond au doigt et à l’œil. Le rêve, en somme.
Une cote de collection en hausse
Aujourd’hui, les Berlinette Hommell se raréfient. Leur cote monte, lentement mais sûrement. Pourquoi ? Parce qu’elles incarnent une époque. Celle du patrimoine automobile français fait main. Pas de série massive, pas de standardisation. Chaque voiture a un petit défaut, une particularité, une histoire. Et les pièces ? Rares. Beaucoup proviennent de séries Peugeot abandonnées, ce qui complique les restaurations. Mais les passionnés s’en moquent. Ils savent que ces bolides, c’est un bout d’histoire qui roule encore.
Les défis économiques et la fin du groupe de presse
Le déclin de la presse papier et la liquidation
Le XXIe siècle ne pardonne pas. Le numérique arrive, les ventes baissent, les annonceurs fuient. Le groupe Hommell, malgré sa notoriété, n’y échappe pas. Les magazines, même bien faits, ne suffisent plus à faire tourner la machine. Ajoutez à cela les conséquences d’une maladie qui affecte longtemps son fondateur, et le constat devient implacable. En 2020, la liquidation judiciaire est prononcée. La fin d’un cycle. Pas celle de la passion, mais celle d’un modèle économique. Sans chichi, on peut dire que l’époque a changé. Et que la presse spécialisée, même passionnante, a du mal à survivre sans soutien structurel.
Les questions fréquentes en pratique
Peut-on encore faire entretenir une Berlinette Hommell aujourd’hui ?
Oui, mais avec difficulté. Les pièces mécaniques proviennent souvent de Peugeot de série des années 1990-2000, ce qui facilite certains changements. Cependant, les éléments spécifiques à la carrosserie ou à l’assemblage restent rares. Quelques garages spécialisés en France assurent encore l’entretien, mais il faut souvent faire preuve de patience et de recherche.
Quelle est la place du Rallycross de Lohéac dans les compétitions récentes ?
L’événement continue d’attirer du monde chaque année, malgré les changements dans l’organisation du groupe. Il conserve son statut de rendez-vous populaire, à mi-chemin entre le spectacle et la compétition. Bien qu’il ne fasse pas partie des grandes séries internationales, il reste un pilier du calendrier régional et un lieu de rassemblement pour les amateurs de sensations fortes.
Comment visiter la collection privée de Michel Hommell ?
Le Manoir de l’Automobile à Lohéac n’est pas ouvert au public en permanence. Des visites sont parfois organisées dans le cadre d’événements spécifiques, comme le Rallycross ou des journées du patrimoine mécanique. Il est conseillé de se renseigner à l’avance auprès des organisateurs locaux pour connaître les dates possibles.